Le chômage en fin de contrat doctoral

 Aujourd'hui, un article sur une perspective pas forcément réjouissante : l'inscription au chômage pour terminer sa thèse, après un contrat (doctoral, ATER...). Il prend la forme d'un témoignage d'un jeune docteur ancien membre du RIDE, merci à lui !

 Le chômage après un contrat doctoral

Après un contrat permettant de mener à bien nos recherches doctorales, il est possible de n’avoir trouvé aucun autre contrat (précaire ou miraculeux), même en étant membre du RIDE. La solution de repli s’impose : l’inscription à Pôle Emploi. Cet article est là pour faire partager quelques expériences et livre donc des conseils à ceux et celles qui auraient choisi cette option.

C’est l’université (ou laboratoire) qui vous a employé.e qui vous donne le document permettant de vous présenter au premier entretien avec Pôle Emploi. L’obtention de ce document n’est pas toujours automatique, à vous donc d’en faire la demande si vous n'avez rien reçu 1 à 2 semaines avant la fin de votre contrat. Ce document va recenser les salaires que vous avez touchés et permettre à Pôle Emploi d’établir votre Allocation d’aide au Retour à l’Emploi (ARE), ou allocation chômage. Le lendemain de la fin du contrat (impossible de le faire avant), à vous ensuite d’appeler Pôle Emploi ou d'aller sur son site internet pour obtenir un rendez-vous. Même si l’entretien n’a pas lieu tout de suite, c’est la date de cet appel téléphonique qui sera prise en compte pour calculer votre ARE le premier mois. D’où le conseil d’appeler dès la fin de votre contrat ou de faire l’inscription sur internet, possible également le dimanche.

 

Avec quelques documents justificatifs somme toute classiques, vous serez donc ensuite amenés à faire votre inscription avec un conseiller de Pôle Emploi lors du rendez-vous fixé par téléphone ou par mail. C’est là que vous pourrez parler de l’emploi que vous recherchez, du salaire que vous attendez, des lieux dans lesquels vous êtes prêt à travailler… Vous aurez également plusieurs questions ou cases à cocher faisant le point sur vos compétences, aussi bien linguistiques que pratiques. Pas d’affolement, si vous avez déjà donné des cours, vous pourrez par exemple cocher la case « encadrement de groupes », etc. En fonction de vos choix, vous pourrez choisir un accompagnement 100% web (prochains rendez-vous par vidéo-conférences, plaquettes d’information par mail…) ou pas. En ce qui concerne l'accompagnement, il peut varier d'un.e conseiller.e à l'autre, mais en général, si vous montrez que vous avez un projet professionnel solide, on ne vous contraindra pas (en tout cas dans les premiers mois) à assister à des formations sur la création du CV ou l'entretien d'embauche. Parfois on pourra vous envoyer vers une agence privée de conseils sur le retour à l'emploi qui vous suivra pendant une période.

Point important : lors de cet entretien, mon contrat doctoral était terminé et j’allais finir ma thèse. Je disposais donc encore du statut d'étudiant, autant que je disposais du statut d'ancien salarié. Or il existe une grande confusion sur l'ambiguïté d'un tel statut. En vérité, si des conseiller.e.s affirment parfois qu'il est impossible de toucher l'ARE si l'on est étudiant, les doctorant.e.s ayant travaillé sont absolument autorisés à bénéficier de cette aide, comme le confirme ce courrier du Ministère de l'Enseignement Supérieur (que vous pouvez peut-être apporter avec vous lors de votre premier rendez-vous, au cas où...).

Une fois l’entretien passé, vous recevrez certains documents vous donnant des conseils pour retrouver un emploi. Votre ARE aura également été calculée (environ 36€ par jour pour un ex-doctorant contractuel). A partir de ce moment-là, l’essentiel est de s’actualiser en début de chaque mois en précisant votre situation.

 

Si vous avez travaillé quelques heures, il faut bien sûr l’indiquer lors de l’actualisation. Le montant du salaire versé par votre employeur sera déduit de votre ARE. En clair, vous ne gagnez aucune obole à travailler un peu par rapport à votre ARE si ce n’est le fait de faire quelque chose, outre votre thèse et tout ce qui va avec. Par exemple, pendant quelques mois, j’ai travaillé 3h par mois. Je dois déclarer le montant brut reçu en début de chaque mois en m’actualisant à Pôle Emploi. Attention : il faut impérativement envoyer ensuite le bulletin de salaire perçu. Juste après vous être actualisé, vous recevrez en effet un message : « Sur la base de cette déclaration et sous certaines conditions, vous pourrez bénéficier d’un paiement provisoire par avance. Dans le cas contraire, vos paiements sont suspendus dans l’attente de vos justificatifs. Attention, renvoyez la photocopie de votre/vos bulletin(s) de paye ». Arrangez-vous donc pour l’avoir très rapidement car sinon Pôle Emploi plafonne votre ARE : environ 800€ mensuels dans mon cas alors que, « normalement », mon ARE était d’environ 1100€ (environ car tous les mois ne comptent pas le même nombre de jours, et oui…). Ce n’est qu’après avoir reçu le bulletin de salaire que le complément est versé. Et pire encore : si Pôle Emploi n’a pas reçu votre bulletin de salaire le mois d’après, il bloque tout simplement votre ARE, vous ne recevrez plus rien. Cette méthode qui peut paraitre douteuse est en fait « justifiée » par le fait que Pôle Emploi sait que vous avez travaillé (l’URSSAF envoie systématiquement votre déclaration d’embauche à Pôle Emploi) mais ne sait pas combien vous avez touché… Et Pôle Emploi ne veut donc probablement pas prendre le risque de payer pour quelqu’un qui aurait gagné des mille et des cent. Jackpot que tout BAC+8 touche bien sûr une fois un travail retrouvé.

[NDLR : et donc, même combat si vous voulez faire des vacations pour « garder un pied dans le milieu ». Elles ne vous apporteront pas plus d’argent. A noter, comme les vacations ne sont en règle générale pas mensualisées, et que le paiement, tout comme la signature du contrat de travail, peuvent arriver tardivement, le collectif Papera conseille de déclarer ces heures en une ou deux fois. Si certain·e·s peuvent nous en dire plus sur ce cas de figure, n’hésitez pas !]

 

 

Pendant votre période de chômage, vous serez amené à faire le point avec votre conseiller. Vérifiez bien vos courriers postaux et électroniques car l’absence à un rendez-vous entraîne systématiquement une lettre-type d’annonce de radiation si vous ne justifiez pas votre absence. J’ai été face à ce problème une fois, n’ayant reçu aucun courrier avant le rendez-vous. Recevant cette annonce de radiation le lendemain par mail, un coup de téléphone a permis de constater qu’effectivement, cette annonce n’avait pas lieu d’être et a donc été annulée. Lors de l’entretien pour lequel vous aurez bien été prévenu, si mon conseiller n’a pas vérifié mes lettres de motivation, auditions et refus pour, en l’occurrence, des post-docs, il s’agit tout de même de rester prudent et d’archiver vos demandes et refus. Je ne sais à dire vrai pas du tout quoi faire quand vous avez à terminer votre thèse et que vous ne pouvez donc postuler à des emplois en même temps… Il est par ailleurs apparent que mon conseiller ne savait pas qu’une campagne de MCF n’avait lieu, en grande majorité, qu’une fois par an, le (trop) (très) éventuel recrutement commençant en septembre prochain…

Pôle Emploi peut également vous faire parvenir des offres d’emploi qui « correspondent » à votre profil.

 

 

Dans mon cas, je n’ai eu qu’une proposition : chercheur en informatique avec expérience de bac+8, ce qui n’était ni mon domaine ni mon expérience. Attention là encore, si vous refusez de postuler à cette offre d’emploi, il faut envoyer un courrier et expliciter votre refus en joignant un justificatif (ce n’est pas ma discipline dans mon cas).

L’ARE peut se prolonger deux ans après un contrat (avoir travaillé 13 mois permet de faire durer cette allocation 2 ans). Si vous retrouvez un emploi à temps plein, ce qu’on vous souhaite évidemment, il suffira de le préciser en vous actualisant. Plus besoin alors d’envoyer les bulletins de salaire. Vous recevrez simplement un questionnaire de satisfaction sur le service Pôle Emploi, questionnaire qu’on s’était bien gardé de vous envoyer auparavant. Sigh."

 

N'hésitez pas à consulter les fiches de l'ANCMSP et de la CJC sur le sujet!

 

 


 

 

 

 

 

 

 

La couverture santé du Doctorant Enseignant

C’est un fait - et nous y revenons dans d’autres articles - le doctorant enseignant possède un statut ambigu qui ne lui rend pas la tâche facile.

C’est notamment le cas en ce qui concerne sa couverture sociale.  Or il est important, quand on a décidé de se lancer dans la grande , périlleuse et longue (très longue) aventure qu’est la thèse, d’être couvert adéquatement.

 

 

Voici un doctorant qui n’a pas une bonne mutuelle et qui donc se laisse mourir dans son lit au lieu de rédiger sa deuxième partie.

 

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Campagne d'ATER : quelques conseils

Cet article a été construit sur la base des conseils recueillis par les membres du RIDE auprès de doctorant-e-s ATER ou ancien-ne-s ATER et MCF – nous les en remercions. Vos témoignages et précisions restent bien entendu les bienvenus. 

Un merci tout particulier au BDP3 qui nous a apporté énormément de conseils sur ce dossier !

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